L’art contemporain et le décoratif ne font pas bon ménage et souvent à juste titre. Qu’est ce que l’on reproche au décoratif ? de ne s’intéresser qu’à la forme, de n’être que du pur visuel sans fond, de l’esthétique. Allant à rebours, la question que je me suis posée face à cela est : existe-t-il réellement du pur visuel, de l’esthétique dénué de fond. Et je crois qu’il n’y en a pas, toute forme a une raison d’être, un " concept ", une origine. Parfois on oublie les raisons de l’existence de cette forme, elle se dilue avec le temps. Parfois on est en désaccord avec cette raison d’être et on préfère l’oublier, la gommer d’un trait.
Je me suis intéressée au plus courant des éléments décoratifs : le motif floral. Et partant de là aux tissus ( imprimés de motifs floraux ou autres). On voit là tout de suite qu’il y le mot féminin qui apparaît. Le tissu imprimé de motifs floraux est un haut lieu de la féminité et assez loin de l’art contemporain. J’ai donc cherché des liens entre les femmes, les motifs floraux et le tissu. J’ai trouvé la nature, la procréation, les cycles ( annuels de la nature, mensuels des femmes), la mise au monde et son rapport au corps et à la vie. Tous ces éléments de la nature et du corps m’ont amené à m’intéresser à la représentation anatomique du corps humain où j’ai retrouvé des dessins parfois proches des représentations florales : les poumons ressemblent à des branches d’arbres ou de buissons, certaines glandes ou les tympans des oreilles sont très florales. J’ai donc commencé à imprimer côte à côte des motifs du corps humain et des motifs floraux ; les deux se mêlent sans souci et des ponts se font naturellement entre eux. Puis j’ai imprimé uniquement des motifs du corps humain seuls sur tissu. |
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